23 juin 2008
Des Mélodies & des Mots
Je ne suis plus qu’Une Poussière,
Un Goût Sur Tes Lèvres déjà oublié.
Nous étions Ensemble
Mais pour toi c’était hier
Et l’On N’Y Peut Rien,
Plus rien…
La vie tourne
Comme Tournent Les Violons
Dans ces Chansons Pour Les Pieds,
Les "The Quo’S In Town Tonite"
& autres, de ces artistes du passé.
La Pluie
Sur Les P’tits Chapeaux se pressant,
Tombait à l’infini sur mon visage,
Noyait le flot de mes mots,
De mes Si Je T’Avais Pas,
De mes C’est Pas Vrai
Que tu refusais d’entendre,
De mes larmes
Que tu refusais de voir.
Tu m’oublies, tu effaces Les Choses de notre histoire.
Mais comme Je Voudrais Vous Revoir,
Une dernière fois,
Un instant,
Pouvoir m’avouer que tout est terminé,
Enfin mettre le mot fin
Sur notre nous deux.
Ma participation au nouveau jeu du blog des Equipières, un album de musique, des titres de chansons, vous mixez le tout pour écrire un texte, une histoire, un poème... Tout est expliqué ici.
21 mai 2008
Lettre noire... La réponse
Lettre réponse du jeu d'Enriqueta sur le ßlog des Equipières :
°oOo°
Madame,
Je vous méprise, vous ne m’inspirer qu’un profond dégoût !
Votre esprit doit être bien vicié & avili par le mal ou les démons pour vous faire agir de la sorte !
Seriez-vous sa chose ? Ou bien stigmatisez-vous votre animosité, votre rancœur sur la femme que j’aime plus que tout au monde, à défaut de ne pouvoir vous en prendre aux seuls vrais responsables : votre père & vous-même !
Votre intransigeant de père dont la cupidité l’a amené à vous offrir en mariage auprès du mien, insistant sur le bien fondé de sa requête & l’intérêt de consolider leur alliance, me négociant comme une vulgaire marchandise contre quelques parts de son affaire… Oubliant votre beauté disgracieuse et la futilité de vos conversations.
Dote inespérée pour l’un, gage de reconnaissance pour l’autre, l’affaire fut rapidement conclue.
Lâche que je suis, je n’ai pu mettre un terme à ce projet sordide. Vous êtes devenue mon épouse officielle par l’entremise de paperasses, signatures & sommes d’argent, mais vous ne le serez jamais dans mon cœur qui vous maudit. Cette place est éternellement réservée pour ma tendre, mon angélique amie, jusqu’à mon dernier souffle.
Utilisant vos mêmes armes, j’ai subtilisé votre dernière lettre.
Vous n’êtes aimée de personne en cette demeure, votre hostilité et votre dédain envers nos domestiques, vous ont valu d’être déclarée leur ennemi juré. Leur fidélité m’a permis d’avoir connaissance de vos intrigues. Ainsi, j’ai pu récupérer toute cette correspondance qui m’était destinée et que vous m’aviez dérobée, j’ai pu empêché l’envoi de celle que vous veniez d’écrire.
Vous n’inquiéteriez pas ma douce amie, sur ma vie j’en fais la promesse.
Le peu d’honneur qu’il me reste, me servira à réparer mes erreurs passées. La première sera de vous répudier, d’affronter la justice et mon père, sa hargne, ses contestations et son incompréhension, pour vous éliminer de ma vie. Mon insurrection ne se matera pas par la raison, la compassion ou l’argent, je peux vous l’assurer !
J’avais déjà peu d’estime pour vous & votre famille, mais la découverte de cette imposture, cette trahison, m’inspire qu’une vive répugnance, une instinctive répulsion. Vous êtes allée au-delà des limites de la tolérance et de l’entendement, sans aucune possibilité de pouvoir, un jour, faire amende honorable, ni même obtenir de moi, de nous mon aimée et notre enfant, un quelconque pardon.
Je vous efface de ma vie et de ma mémoire ; vous n’exister pas, vous n’exister plus.
À jamais Madame.
°oOo°
~ Epilogue ~
Lors d'une consigne de chez Coumarine, ces mêmes personnages m'avaient inspiré pour ma participation ; elle s'inscrit comme étant une suite et surtout une fin à cette histoire.
Je vous invite à aller la découvrir... " Fait d'hivers "
19 mai 2008
Lettre noire...
Sur une idée d'Enriqueta sur le ßlog des Equipières :
Il s'agit d'écrire une lettre de haine ou de mépris, une lettre noire et agressive, sombre et violente, désespérée aussi éventuellement puis la réponse. Comment répondra l'autre ? Par la haine aussi, par le mépris, par la violence ? Ou bien par l'humour ? Ou encore par l'amour ?
Un jeu qui risque fort de vous révéler beaucoup sur votre part d'ombre et sur votre part de lumière... Un jeu pour ceux qui n'ont pas peur des émotions fortes ! A vos plumes !
°oOo°
~ Préambule ~
Cette lettre est à considérer comme une suite aux consignes " Prenez soin de vous " et " Loin de vous ".
°oOo°
Madame,
Mon rang m’interdit de vous traiter autrement, mais... Comment puisse-je vous nommer ainsi ?
Que Dieu me pardonne mes écarts de langage, mais je doute de ne pouvoir garder un style châtier encore bien longtemps !
Vous n’êtes pour moi ni une femme, ni une dame digne de ce nom ; encore moins une demoiselle !
Vous n’êtes qu’une aventurière, une ribaude qui porte en elle ce bâtard d’enfant, pour qui, vous affabulez auprès de votre entourage, la paternité à mon époux. Vous n’êtes qu’une femme de petite vertu, une infâme roulure qui cherche à nous escroquer. Vous avez usé de vos charmes pour attirer mon époux dans vos bras, jusqu’à votre lit.
Lui si naïf, innocent, d’une si grande sensibilité…
Vous avez abusé de lui pour vous faire engrosser !
Mais vous ne réussirez pas à me berner ! D’ailleurs, rien ne prouve que votre rejeton ne puisse être celui de mon époux. Vous avez cherché un pigeon à leurrer. Le premier venu serait le bon. Vous l’avez aperçu sur ce quai de gare, avez deviné son honnêteté, sa haute moralité pour jeter votre dévolu sur lui et ainsi le piéger.
Votre esprit perfide de profiteuse vous a laissé penser que vous alliez pouvoir lui soutirer de l’argent, peut-être même avez-vous pensé que vous pourriez vous faire épouser !
A combien d’homme avez-vous tentez de briser la vie ?
Combien en avez-vous dupé ?
Fort heureusement et grâce à Dieu, votre projet diabolique de détruire notre mariage, notre famille et notre honneur ne pourra aboutir. J’ai intercepté votre lettre comme toutes les précédentes d'ailleurs, sous le couvert de mon beau-père qui ne pouvait admettre qu’une telle infamie ne puisse être à l’origine de son fils. Si cela n’avait tenu qu’à lui, cette affaire serait déjà dans les mains de la police. Vous devez vous douter des influences qu’un homme de sa position peut avoir auprès des autorités… Mais je l’ai convaincu de me laisser faire et je lui ai promis de résoudre ce problème.
Il est dans votre intérêt de cesser vos agissements au plus vite ! Jusqu’à présent je n’avais pas réagi, pensant que vous ne donneriez pas de suite face à mon silence, mais votre insistance me pousse à intervenir.
Sachez, sale garce, qu’il est totalement inconcevable que la réputation de mon époux ne puisse être souillée par votre seule volonté de lui nuire. Vous ne réussirez pas à nous traîner dans la boue car je ne vous en empêcherai ! J’ai par l’intermédiaire des relations tout aussi influentes de mon père, obtenu qu’une enquête soit réalisée afin de vous identifier. J’ai maintenant votre adresse ; s’il le faut, je saurai vous retrouver et vous contraindre à arrêter de nous harceler.
Sachez aussi que je n’ai pas peur de vous, ni même de me salir les mains. Si vous persistez en ne vous montrant pas plus raisonnable, et qu’il faille en venir à des méthodes plus radicales, je n’aurai aucune hésitation, ni même aucun remords à vous saigner telle une grosse truie que l’on égorge. Je n’aurai aucune pitié pour une catin si peu scrupuleuse !
Je ne veux plus entendre parler de vous et je tiens à vous préciser que mes connaissances sont suffisamment haut placées, pour exercer les pressions nécessaires et faire passer mes actes de vengeance, en un crime crapuleux.
Tenez-le vous pour dit !
La réponse sera publiée mercredi.
10 mai 2008
Loin de vous
Mon tendre ami,
Je ne peux me résigner à vous appeler autrement malgré tout ce que je viens d’apprendre sur vous. Vous restez pour moi mon tendre amour et, au plus profond de mon cœur, vous le resterez pour toujours.
Je vous ai écrit des dizaines de lettres depuis ce premier jour de mai où nous nous sommes rencontrés, où nous nous sommes tendrement aimés. Deux âmes si pures qui s’étaient trouvées par le fait du hasard ou du destin…
Des semaines sans nouvelles de vous. Quelles m’ont paru longues ces journée sans vous, une éternité.
Je vous ai écrit tant de lettres…
J’avais besoin de vous voir, de vous entendre, de vous toucher… De vous dire…
J’avais si besoin de vous…
J’attendais un signe de vous, savoir, connaître vos sentiments pour moi…
Mais toutes ces lettres sont restées sans réponse.
Privée de vos nouvelles, j’ai longtemps supposé que je n’avais été pour vous qu’une de ces filles de passage, une parmi tant d’autres alors même que vos sentiments m’avaient paru si sincères… Cela ne vous ressemblait pas, mais je n’étais qu’une jeune ingénue, naïve, que vous auriez pu facilement tromper afin de vous jouer de moi & obtenir mes bonnes grâces, mes faveurs…
J’ai pensé un temps, abandonner cette correspondance à sens unique, me faire à l’idée que vous ne m’étiez pas destiné, que nos chemins s’étaient croisés mais que notre route ne se devait pas d’être parcourue plus loin ensemble. Tant de choses nous séparaient, nos vies, nos familles, nos mondes… Tous étaient si différents, rien ne pouvait les unir à moins d’y renoncer, à moins de tout abandonner.
En auriez-vous eu la force ou l’audace ? Notre amour aurait-il été suffisamment intense pour affronter la vague déferlante de la colère de votre père que vous craigniez tant, et accepter de redémarrer votre vie sans plus rien, sans toit, sans travail, sans argent ?
Autant de questions restées sans réponse.
Le destin a fait que je devais absolument vous revoir et vous dire que ma vie, maintenant, se trouvait bouleversée et ne serait jamais plus la même… Avec ou sans vous, tout sera différent, que réellement une nouvelle vie commençait pour moi, que vous soyez auprès de moi ou pas, que je ne serai plus jamais seule à présent…
Une âme en moi grandissait au fil des jours, le doux et amer fruit défendu de notre impétueuse passion.
C’est pour vous en faire part que je suis montée sur Paris, pour tenter de vous voir à votre université et vous confier ce secret, qui ne le resterait plus encore bien longtemps. Par chance, j’ai rencontré votre ami Paul qui m’a appris les raisons de votre silence. Ce mariage décidé à votre insu par votre père…
Tout s’est brusquement brouillé autour de moi, chancelait. J’ai cru mourir sur place en apprenant cette effroyable vérité. Devant votre ami inquiet, je n’ai pu retenir mes larmes. Confuse, affligée, je me suis enfuie, courant dans les rues étroites jusqu’à en perdre haleine. À bout de force, sans plus d’envie de poursuivre davantage ma course éperdue, devenue comme un chemin de vie sans plus d’étoile dans le ciel, je me suis laissée tomber à terre et j’ai perdu connaissance.
J’ai repris conscience dans la chambre blanche d’un hôpital à l’atmosphère glacial. Des jours durant, j’ai été plongée dans un profond désarroi. Les pensées les plus noires envahissaient mon esprit, allant jusqu’à songer à mettre fin à mes jours… Mais ce petit être en moi m’a redonné le courage qui me manquait ; il était une partie de vous qui ne pourrait jamais m’être enlevé. Peu à peu, j’ai repris des forces et le goût de vivre, de me battre pour lui m'est revenu.
Cette lettre sera la dernière. Contrairement à ce qu’il avait été convenu avec vous, je vous l’adresse chez vous afin d’être sûre que vous puissiez la recevoir et la lire, car vous devez connaître la vérité, vous devez savoir que de vous j’attends un enfant.
Je sais que mon avenir ne sera pas aussi serein qu’il aurait pu l’être, qu’il sera fait d’incertains, de doutes et sombres jours, mais je sais aussi qu’il sera fait de sourires, d’allégresses, d’intenses moments bonheurs qui réchaufferont mon cœur esseulé et meurtri.
Certains soirs, caressant mon ventre qui s’arrondit, quand l’un de ses petits pieds effleure ma main, j’ose penser à vous, à la joie que vous auriez eue si vous aviez été là. Je m’endors à vos côtés sans plus espérer que vous puissiez vous réveiller un matin avec pour seule idée en tête, que celle de nous retrouver tous les deux, qui vous anime ; le désir de vous battre pour nous qui coulerait en vos veines et vous ferait venir jusqu'à nous…
Ces pensées s’envolent très rapidement car je sais que je n’attends rien de vous ; je sais qu’elles ne sont que des songes enfouis dans les tréfonds de mon âme qui surgissent quelques fois pour mieux disparaître l’instant d’après. Elles sont mon passé alors que mon présent aujourd’hui, se conjugue et se conjuguera dorénavant, loin de vous.
Mieux vaut tard que jamais…
Je n'avais jamais écrit la suite à la consigne d'écrire "Prenez soin de vous" que jamais lancé l'an passé sur mon blog. A l'initiative d'Enriqueta, la première partie de cette consigne à été ré-éditée sur le ßlog des Equipières, ce qui m'a donné envie d'écrire, enfin, la seconde partie, qui ne sera peut-être pas la dernière…
05 mai 2008
Album, souvenirs d'une vie
Il est tard. Je regarde à la fenêtre toutes ces lumières éclairer l’obscurité. Elles scintillent comme des lucioles dans la nuit noire d’un soir d’été, tantôt orangées, tantôt bleutées ; elles sont les petites touches de chaleurs dans cet horizon sombre et froid, elles sont des fenêtres de vie, des fenêtres sur la vie. Derrière elles, il y a des bonheurs, des peines, des sourires, des pleurs, des cris, des rires, des instantanés pris sur le vif d’un quotidien routinier… Des discussions animées, des partages, des mots, doux échangés au creux d’une oreille, des baisés, de la tendresse, des disputes, des colères, des gifles, des coups… Il y a la vie, tout simplement avec son lot de désespoir et d’espoir…
Il est tard, mais je ne me résigne pas à aller me coucher. Demain matin, lorsque le réveil viendra me tirer de mon sommeil, tout la fatigue cumulée m’attirera au fond du lit, ou bien, dans un sursaut me lèvera pour mieux s’abattre sur moi quelques heures plus tard.
Je le sais, c’est ainsi depuis si longtemps…
Je tourne en rond dans cette pièce si vide, impatiente, presque inquiète. J’attends, je surveille, je scrute cachée derrière les persiennes ton retour, ton improbable retour… & qui pourtant, saurait si bien m’apaiser.
À quoi bon…
Je dirige mon regard vers la pendule du salon disposée sur la cheminée au milieu de tant d’autres bibelots rapportés de nos voyages, laissés là, comme avant, comme si rien n’avait changé, comme si rien ne s’était passé. Le temps s’est comme arrêté autour de moi, pourtant le tic-tac assourdissant de cette pendule trouble encore le silence, ses aiguilles poursuivent leurs rondes interminables sur le cadran, inlassablement… Preuve que le temps continue sa course folle.
Une heure moins le quart, il est vraiment tard…
Je laisse échapper de mon corps alangui, un long soupir, mélange de fatigue, de lassitude et de tristesse. Je repense à tous ces souvenirs, ces bouts de toi, ces bouts de moi, ces bouts de nous, notre histoire déjà notre passé… Ma vie trop éloignée de toi…
Pourtant, il n’est pas si loin ce temps où nous flirtions tous les deux, à l’ombre du vieux saule pleureur près de l’étang.
« Te souviens-tu de ces matins câlins
Aux odeurs envoûtantes de jasmin
Où unis mains dans la main
Au fond d’un vaste jardin
Nous nous tissions sans fin
Un avenir peint d’instants sereins »
Je ne me rappelle plus la suite de ce poème que tu m’avais écrit, cadeau offert pour célébrer notre premier anniversaire. C’était à l’endroit où nous nous étions rencontrés, un petit coin dans la nature.
Moi, jeune demoiselle égarée dans ses songes, solitaire, timide et un peu renfermée. J’appréciai cet endroit pour son calme, son côté sauvage et pittoresque qui me faisait voyager alors que les touristes, même à la belle saison, le délaissaient. J’y passais des heures, m’évadant dans la lecture, rêvant en regardant le ciel tout en imaginant mon avenir.
Toi, c’était le hasard qui t’y avait conduit. Tu terminais tes études d’architecte dans une université sur Paris et tu passais quelques semaines chez ton père divorcé, avant de descendre sur la côte méditerranéenne, rejoindre ta mère et ton frère.
Nos routes se sont croisées. Tu cherchais ton chemin, j’étais allongée dans l’herbe entrain de lire « Les fleurs du mal » de Baudelaire, ton poète préféré… Derrière tes discours très cartésiens et ta carapace de futur bâtisseur de tours de verre immenses et glaciales, se cachait un grand romantique, passionné de littérature, de poésie et… de papillons.
Cela m’avait fait rire lorsque tu me l’avais avoué. Tu les collectionnais depuis tout petit. Tu les capturais, les enfermais pour les priver d’air jusqu’à leur dernier souffle. Je trouvais cela vicieux. Pourquoi ne pas laisser vivre ces petites bestioles, ces fleurs aux couleurs multiples virevoltantes dans le ciel à la belle saison ! Mais, tu étais aussi artiste, peintre à ses heures perdues, habillant et animant ses toiles de ces petites bêtes inertes, leur donnant ainsi un nouveau volume, une autre dimension, une seconde vie.
« Tiens c’est pour toi. Ainsi, à chaque fois que tu apercevras un papillon, tu penseras à moi… »
Nous ne nous sommes plus jamais quittés. Je suis venue te rejoindre sur Paris, dans ton studio du premier arrondissement, une chambre de bonne sous les toits, c’était notre nid douillet. Cette période a été difficile à vivre pour moi dans les premiers temps, loin de ma famille, loin de mes amis. Dans cette ville inhumaine où tout le monde se croise et s’ignore, où tout le monde avance droit devant soi sans prendre le temps de s’arrêter un instant, où tout le monde court après tout et n’importe quoi, ignorant les plus faibles parfois même les piétinant, volontairement ou involontairement. Je n’avais pas de travail, juste des petits jobs à gauche à droite pour nous permettre de vivre décemment, mais tout cela n’avait aucune importance car je t’avais près de moi… Pour la vie.
Nous nous sommes dit « Oui » un après-midi de juin, seulement un an après notre rencontre. Nos parents étaient réticents et nous prenaient pour des fous.
« Pourquoi vous vous mariez ? Vous êtes jeunes, profitez donc de la vie avant ! »
Ils nous ont offert un très beau mariage. L’église de mon enfance, celle de mon baptème, de ma première communion, me redécouvrait des années passées, devenue femme.
« Tu es splendide ma petite Lili chérie, quel beau mariage… » M’avait murmuré ma grand-mère, les yeux remplis de larmes tant l’émotion était intense pour elle.
« J’espère être encore là pour voir tes enfants. » Avait-elle ajouté.
Pauvre Mamidou, ses rêves d’enfants courant dans le jardin, chahutant sous le jet d’eau les après-midi d’été, criant, chantant du soir au matin comme nous le faisions avec ma sœur et mon frère, se sont envolés depuis. À quatre-vingt-sept ans, Mamydou tient la forme, mais la vie saura-t-elle la préserver encore bien longtemps pour lui offrir des petits enfants maintenant…
Je repense à ce voyage fait en Orient avec toi, dans ce pays mystérieux, inspiration à de magnifiques contes comme devait l’être notre histoire. C’était notre voyage de noce, nos premières vraies vacances ensemble, dans ce pays des milles et une nuit, aux parfums de thé à la menthe, de miel, de senteurs épicées et sucrées, de chants, de danses orientales enchanteresques et hypnotisantes nous emportant dans des tourbillons de voluptuosité, de sensualité et d’extases absolues comme nos étreintes passionnées. Nous étions si bien là-bas, loin de tout, loin de tous, heureux.
Il aurait peut-être mieux valu la frotter cette lampe à huile trouvée dans l’arrière-boutique d’un souk. En faire sortir le gentil génie s’y trouvant prisonnier depuis des centaines d’années, le laisser nous demander nos trois vœux et les lui dire…
Notre avenir en aurait-il été différent ?
Nous n’avons pas voulu, à cet instant, jouer avec le sort mais si celui-ci s’est bien joué de nous quelques années après.
Mes rêves de lointains voyages à bord d’un grand voilier aux ailes blanches déployées sur l’océan d’une vie teintée aux couleurs de la sérénité et de la plénitude…
Mes rêves d’avenir esquissé à tes côtés où chaque pas, chaque étape ne seraient qu’une marche gravie en toute quiétude comme l’ascension des marches du phare de mon enfance situé à l’extrême pointe du rivage, tout proche de la demeure familiale, et qui nous aurait menée en son sommet, apothéose de notre existence…
Tous ces rêves ne sont plus que des songes en transparence dans ma mémoire exténuée, esclave de ses pensées, bousculée par l’effervescence de tant de questions restées sans réponse, d’images estompant peu à peu.
Je ferme les yeux et je te revois. Tu es là près de moi. Je devine ton regard pétillant d’envie, ton sourire cajoleur, tes lèvres de velours, leur douceur, l’onctuosité de ta langue se mêlant à ta mienne excitant par là même nos papilles et notre appétit de goûter à la délicatesse de tant plaisirs. Je sens la chaleur de ton souffle sur moi venir me caresser comme une brise de baisers offerte à mon visage… Puis tu t’évanouis brusquement. Ton absence revient m’envahir, me torturer.
De toi, il ne me reste plus qu’un masque brisé, fracassé par le destin. Réalité de ma vie fait du gris de la solitude qui, au fil des jours, se fusionne en mon épiderme et anime mon visage de la tristesse qui est de devoir vivre sans toi, maintenant.
C'était mon défi inspiré par les Devoirs de Vacances de Printemps, chez Les Equipières.
16 avril 2008
Devoir de vacances de printemps
Une images à choisir, un texte en vers ou en prose à écrire selon son inspiration, c'est la consigne des devoirs de vacances édition printemps, proposée sur le ßlog des Equipières. J'ai choisi celle de la lampe magique...
°oOo°
J’ai rapporté de mes voyages audacieux
Tours, détours autour de cet astre bleu
De terre & d’eau au noyau de feu,
Des souvenirs tissés de bonheurs
Des images brodées de couleurs
Des senteurs cousues de saveurs.
Vastes fastes enfilades
Empilades escalades
Cachés au fond de mon cœur malade,
Malle d’Encelade sous le mont enseveli
Exhumés des méandres de mon esprit
Seul univers d’infinitudes récits.
Vérités à dévoiler
Secrets à révéler
Trésors à partager
Sans mentir, tout leur dire
Offrandes en don à l’avenir
Vœux exaucés avant de partir.
13 avril 2008
Variation autour d'un trottoir
Bien des choses peuvent être imaginées lorsqu'on trouve un mot sur le trottoir... Surtout ce genre un mot de ...

Laisser courir notre inspiration ou s'exercer aux figures de style proposées par Enriqueta, étaient les enjeux du jeu d'écriture de Capitainelili chez les Equipières.
L'allitération, l'antonomase, l'antithèse, l'emphase : j'avoue, j'ai eu beaucoup de mal à tourner & retrouner mes mots dans tous les sens pour réaliser cet exercice.
Désolée, peut-être une autre fois... J'y ai préféré l'exercice de style à la Queneau.
°oOo°
Julien,
Il est hors de question de faire dormir une fille ici – Va chez elle ou à l’hôtel.
Merci
°oOo°
Julien,
En acceptant de rejoindre notre communauté, tu as accepté de te plier à nos exigences de vie qui, je te le rappelle, interdissent la présence d’une femme en ces lieux, quelle qu’elle soit d'ailleurs : sœur, amie, mère &, encore moins fiancée. En conséquence, tu te devras de t’acquitter d’une amende pour non-respect des règles, dont la valeur sera fixée par notre conseil lors de sa prochaine réunion.
°oOo°
Hey man,
T’as beau la kieffer grave ta super bombasse, aucune meuf ramène ses fesses ici.
Va tremper ton biscuit ailleurs !
°oOo°
Julien, mon ami,
Malgré ma profonde amitié pour toi, je refuse qu’une belle demoiselle tout aussi charmante qu’elle puisse être, ne vienne en cette demeure, même si cela est en tout bien tout honneur. D’autres possibilités sont à ta porté si tu souhaites la revoir, il te suffit de les trouver.
Je te remercie de ta sollicitude, mon cher ami.
°oOo°
Julien,
On avait défini dans notre règlement de colocation, que les petits amis et petites amies, n’étaient pas admis à coucher à l’appart. Cette règle est valable pour nous tous, pas seulement les autres.
Y a plein d’autres endroits où vous pouvez aller pour vos ébats !
°oOo°
Julien,
Fait un peu fonctionner ton imagination, c’est trop commun ma chambre… & je déteste tomber sur les pochettes de condom sous les draps quand je me couche ; surtout quand je galère pour me trouver un mec et que j’ai les nerfs !!!
Merci, ta sœur adorée.
°oOo°
Mon petit Julien,
Avec ton père on t’a déjà dis que nous n’étions pas d’accord pour que tu fasses venir une jeune fille chez nous pendant notre absence. Je sais qu’il n’est pas toujours facile à ton âge de… Enfin, tu comprends… Et pour éviter des discussions sans fin ou que tu ne te disputes avec ton père, je te demanderai de ne pas recommencer.
Ta maman.
°oOo°
04 avril 2008
Petite fièreté...
La poésie de Laurélyne proposait durant tout le mois de mars, un petit jeu sur le thème du calligramme auquel j'avais participé car j'avais trouvé l'idée originale. C'était aussi un concours & Laurélyne vient tout juste de m'informer que j'avais gagné !!! Imaginez ma joie d'autant que je ne me défini ni poétesse, ni dessinatrice... Je crayonne, à la plume ou au fusain...
Je vous laisse découvrir mon caligramme chez Laurélyne & vous invite à découvrir les créations des autres participants. Je ne laisse ici que le poème écrit pour l'occasion.
°oOo°
Je voudrais que tu me dessines,
A l'encre de chine, à la plume fine,
Ses promesses de tendresse
& d'éternelles caresses,
Murmurées un soir d'été
A l'ombre d'un vieil olivier.
Me l'offrir en souvenir
Ne serait mon seul désir...
Je voudrais que tu devines,
Au fond de mon regard marine,
Mes chaudes pensées câlines,
Rêves d'aimantes maîtresse
Que la sagesse ne transgresse.
Oserais enfin te le dire,
Ce que mon coeur m'inspire,
Sans rien de nous ne détruire...
Libérer mon esprit tourmenté,
Obsédé par cette idée,
Qu'est celle de t'aimer.
°oOo°
20 mars 2008
ßelle saison
C'est un grand bouleversement,
Le réveil de la nature s’animant...
Les oiseaux chantent gaiement,
Des petits airs entraînants.
Dans le ciel, virevoltant,
Ils chahutent gentiment,
Répètent consciencieusement
Leur parade des amants…
Pendant ce temps,
Les fleurs se parent doucement,
De coloris chatoyants.
Dans le jardin, s’épanouissant,
Elles se dévoilent voluptueusement,
En corolles distillant
Des parfums exaltants…
C’est le retour du printemps,
Aujourd’hui, enfin, il était temps…
C’est excitant,
Fascinant...
C’est indécent !
S’écrit l’hiver s’en allant.
02 mars 2008
Le ßlog maudit ~ Episode 3
Tout avait commencé en allant sur le blog maudit, avec ces gens, leur message… Je devais donc y retourner, l’affronter, mettre fin à ces agissements.
Installée devant mon ordinateur, j’ai consulté l’historique de mes navigations de la veille ; en vain car après avoir cliqué sur tous les liens qui y étaient mémorisés, aucun ne me ramenait dessus. Il fallait pourtant y retourner, même si cela devait me prendre des heures, des jours… De toute façon je ne gênais personne, je ne manquais à personne & je n’avais surtout, pas d’autre choix. Je parcourrai la blogsphère toute entière s’il le fallait.
En aurai-je le temps ?
Autant ne pas y penser, seulement se concentrer sur mes recherches et sur la résolution de la malédiction. Après d’innombrables clics sur tous les cookies stockés sur mon disque, j’ai vu s’afficher devant moi les fameuses animations hypnotisantes, aux couleurs si ensorcelantes. J’exultais, j’avais réussi… Presque réussi car je devais trouver comment mettre fin à cette fichue malédiction pour revenir parmi les miens.
La scène de la veille se reproduisait, mêmes personnages, même frayeur, même message… Je scrutais minutieusement les rubriques à l’écran, les différentes notes et leurs commentaires afin de trouver un indice me permettant de me sortir de là. Je suis remontée ainsi sur un article datant d’un an en arrière, pratiquement jour pour jour. Alors que toutes les autres notes se rapportaient à des phénomènes inexpliqués, à diverses images de cataclysmes ou d’apocalypses, celui-ci s’intéressait à la résolution et au déchiffrage d’énigmes au travers des mots & des termes utilisés, de leur ambiguïté, des messages codés, cryptogrammes, anagrammes…
Cette note n’était pas là par hasard, la solution à la malédiction était donnée dans l’avertissement… Elle était devant les yeux des visiteurs qui devaient absolument la trouver pour s’en sortir.
J’ai attrapé une feuille de papier, noté le message initial pour l’analyser, le décrypter, mélangeant les mots et les lettres dans tous les sens, pour enfin composer un anagramme qui ne me satisfaisait pas pleinement mais qui pouvait avoir un sens par rapport à la situation dans laquelle je me trouvais. En désespoir de cause, je devais tenter ma chance car mes forces s’épuisaient ; me regardant dans le miroir, je voyais mon visage et mon corps perdre de leur consistance, devenir au fil des heures, de plus en plus transparent.
Dans peu de temps, je ne serai plus qu’un fantôme…
Pendant que je le pouvais encore, je suis retournée sur la toute première note où les personnages, figés de par mon absence, se sont relevés et approchés une nouvelle fois de moi.
Peut-être espéraient-ils aussi leur délivrance ?
J’ai cliqué sur le lien « Ajouter un commentaire ».
Au bout de quelques secondes, la fenêtre de saisie est apparue. Mes coordonnées étaient déjà présentes, il ne me restait plus qu’à insérer mon texte en croisant les doigts et priant le ciel qu’il soit bien la solution :
« Quand passant l’année, âme les visitera, les esprits volés s’enfuiront de l’univers parallèle. »
Dans un dernier effort, j’ai pu cliquer sur « Envoyer », mais mes forces m’ayant définitivement abandonnée, je n’ai pas eu le temps de voir ce qui s’est passé par la suite, et j’ai perdu connaissance.
Il faisait nuit lorsque j’ai récupéré mes esprits ; j’étais toujours devant mon ordinateur, toujours sur le même blog ; enfin c’était toujours la même adresse, mais le contenu n’avait plus rien avoir avec ce que j’avais pu consulter auparavant. Plus d’images de souffrance, de gens tristes et en larmes. Plus de sifflement strident. Seulement des images de champs inondés de soleil, de fleurs, de papillons, d’oiseaux volant dans le ciel bleu azur & sans nuage… J’entendais leurs chants s’unissant au coulis de l’eau claire d’un ruisseau. Des images inspirant la paix, la douceur et le bien-être.
Dans ma messagerie, des dizaines, des centaines de messages étaient non lus. Ce n’était pas du spam, mais des messages de remerciements de la part des différentes personnes piégées précédemment, que j’avais libérées sans le savoir.
Il y avait aussi ceux des cybers-justiciers ; ils avaient repéré des comportements douteux & suspecté la préparation d’une attaque imminente… Ils m’avaient envoyé un mail pour me prévenir, me proposant leur aide, juste avant de perdre ma trace, en éteignant très probablement mon ordinateur & perdant ainsi mon adresse IP… Dans ce dernier, ils me demandaient de témoigner ; j’ai accepté par la suite afin que ma triste expérience puisse servir leur cause.
Il était très tard lorsque je suis partie me coucher, mais j’étais heureuse d’avoir retrouvée mon univers enfin je l’espérais. Tout le monde était endormi dans l’appartement, personne ne pouvait savoir que j’étais revenue parmi eux.
Demain, peut-être… Certainement…