Canalblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Devant moi... Au fil du temps
Publicité
11 juin 2007

Passion Fraise

J'ai mis le temps - comme toujours - pour écrire ma version de mon "Cà vous tente", mais ça y est la voici & avec en prime, un p'tit clin d'oeil en passant à Capitainelili.

~ ° o O o ° ~

Hummm… Qu’est-ce que c’est bon… Pensa Sophie en dégustant une part de l’exquis dessert aux fraises qu’elle venait d’acheter à la boulangerie, ré ouverte depuis peu dans sa rue.
Sophie passe tous les jours devant la vitrine mais sans s’arrêter par crainte de succomber à la tentation des si bonnes choses présentées en vitrine. Elle préfère tourner la tête et poursuivre son chemin comme si le commerce n’avait jamais été là.
Seulement, un matin, avant de prendre le métro pour se rendre à son travail, elle a croisé le regard du jeune boulanger. Il était devant son commerce entrain d’afficher l’encart légal informant le changement de propriétaire. Il l’avait saluée et elle en avait été très troublée.
Troublée parce que son bonjour était assez inhabituel dans les grandes villes, troublée parce que la femme qui la précédait n’avait pas eu autant d’attention, troublée parce que la voix du jeune homme était douce, chaleureuse… Le soir même, très intimidé, elle n’avait pas osé passer devant la boutique et avait volontairement changé de trottoir.
Le lendemain matin, et les jours suivants jusqu’au week-end, elle ne l’a pas aperçu lors de son trajet pour se rendre à son travail. Inconsciemment déçue, elle s’était consolée en se disant que cela avait été une marque de politesse vis-à-vis d’une potentielle cliente.
C’est donc tout à fait sereine et détendue, qu’elle se présenta devant la vitrine le samedi matin. Ses parents venaient de province pour passer le week-end ; elle souhaitait prendre une pâtisserie et du pain pour le repas. En entrant dans la boutique, elle fut séduite par le style début du siècle et l’ambiance champêtre de la décoration. Malgré l’heure avancée dans la matinée, une délicieuse odeur de croissant chaud venait caresser agréablement son odorat.
Une jeune et ravissante femme était au comptoir, s’occupant à servir les clients et à encaisser leurs achats. Elle était enceinte, les rondeurs de son ventre ne pouvaient plus se cacher et elle avait cet étonnant tic qu’on toutes les femmes enceinte, de passer continuellement leur main sur le ventre. La chaleur régnante et l’affluence des clients devaient la fatiguer car elle appela son époux.
- Chéri… Tu peux venir m’aider ?
- Oui, j’arrive…
Sophie supposa qu’il s’agissait de la femme du jeune boulanger qu’elle avait croisée trois jours plus tôt ; elle se préparait mentalement à le revoir afin de ne pas laisser paraître la moindre émotion lorsqu’il franchira le seuil de la porte et lorsqu’il la servira. Mais à sa grande surprise, ce fut un autre homme qui apparu. Un homme d’une carrure plus imposante et certainement un peu plus âgé que celui qu’elle avait remarqué.
Ses sentiments étaient assez confus. Elle ne savait pas si elle devait s’en réjouir ou s’en émouvoir. Elle se demandait qui était le jeune homme de l’autre matin. Elle alla même jusqu’à douter de son existence et se dire qu’elle avait dû rêver… Elle fut vite ramenée à la réalité par la voix ferme et grave du mari.
- Mademoiselle, vous désirez ?
- Hein ? Dit-elle surprise. Oh excusez moi, je réfléchissais… Euh… Il me faudrait une baguette…
- Normale ou à l’ancienne ?
- Euh… A l’ancienne…
- Et avec ceci ?
- Un dessert mais… C’est ce à quoi que je réfléchissais… Je ne sais pas si je dois prendre…
- Vous voulez un conseil ?
- Oui… Oui, je veux bien, répondit-elle en parcourant la vitrine où les gâteaux et tartes, tous plus alléchants les uns que les autres, étaient exposés.
- Stéphane, viens, j’ai une cliente pour toi.
Sophie, trop occupée à chercher quel gâteau conviendrait pour son dessert, ne remarqua pas l’arrivée dans la boutique de Stéphane, qui vint se placer juste face à elle.
Stéphane, c’était le frère de l’homme qui venait de la servir, le mari de la femme enceinte. Mais il était aussi le pâtissier chocolatier de la boutique. Avec son aîné, ils s’étaient associés et avaient achetés ce fonds de commerce. Un rêve d’enfance, une promesse qu’ils s’étaient fait, une promesse qu’ils avaient faite à leur père décédé quelques années par le passé, lui-même boulanger. 
- Mademoiselle, vous avez souhaité un conseil ?
Sophie leva la tête et reconnu tout de suite son inconnu. Elle le regarda quelques secondes sans arriver à produire un son de sa bouche. Une sensation de chaleur remonta jusqu’à ses oreilles ; elle devait être rouge pivoine, ce qui ne fit que l’embarrasser d’avantage. Confuse, elle réussit à lui répondre.
- Oui, c’est moi…
- On se connaît je crois ?
- Euh… Oui… On c’est vu il y a quelques jours… En allant à mon travail…
- Vous travaillez dans le quartier ?
- Non, j’y habite. Mais, j’suis désolée, j’suis un peu pressée. Je voudrais un dessert pour ce midi, quelque chose de pas trop lourd et d’original. Je voudrais surprendre mes parents.
- Surprendre vos parents, répéta-t-il d’un ton légèrement espiègle. Je vous propose alors ma dernière  création : le passion fraise.
- Qu’est-ce c’est ?
- Un subtil mariage de saveurs ; sur un fond de tarte sablée, recouvert d’un lit de crème mousseline parfumée à la liqueur de violettes, viennent se reposer de tendres fraises  « Guariguette », le tout parsemé de belles violettes cristallisées. Vos papilles vont adorer.
- Waouh, cela me semble un beau programme, répondit-elle emportée par l’engouement de son interlocuteur.
- Alors… Vous allez vous laissez séduire ? Demanda-t-il d’une voix suave.
- O… Oui… Bien sûre ? Balbutia-t-elle assez déstabilisée. Vous m’avez convaincue.
- Je vous l’emballe, ce sera près dans trois minutes. Il vous fallait autre chose ?
- Non, ma baguette a été mise de côté.
- Vous pouvez aller régler pendant que je vous le prépare.
Sophie se dirigea vers la caisse où se trouvait la femme enceinte qui l’encaissa toute de suite. Stéphane la rejoignit pour lui donner le gâteau emballé ainsi que son prix. Sophie régla ses achats sans le regarder, sa timidité ayant repris le dessus. Elle leur adressa un au revoir et regagna la sortie. Au seuil de la porte, elle sentit une main chaude se poser sur la sienne. C’était Stéphane, qui par galanterie vint l’aider à ouvrir la lourde porte.
- N’oublier pas de tout me dire demain, lui dit-il.
- Pardon ?
- Pour le gâteau, je compte sur vous pour revenir demain si vous le pouvez ou alors mardi, afin de me dire s’il vous l’avez aimé.
- D’accord, j’essayerai d’ici penser… Puis entendant la cloche de l’église du quartier sonner onze heures et demi, elle écourta la conversation. Je dois y aller sinon je vais être en retard et mes parents vont m’attendre à la rue. Au revoir.
- Au revoir… & à bientôt.
Tous deux vaquèrent à leur occupations, mais leur esprits étaient encore sous l’effervescence de ces quelques minutes passées ensembles. Excitation d’une rencontre inattendue, bouleversement d’émotions, confusion des sentiments, inquiétudes du lendemain… Un grand chamboulement de leurs pensées pour les prochaines heures à vivre, pour la nuit à venir et pour le sommeil salvateur qui ne pourrait parvenir.

Inspiration, une jeune femme savourant une tarte aux fraises.

Publicité
Commentaires
C
Une suite, une suite... Je crois qu'il va falloir y réfléchir sérieusement ! <br /> Pourquoi les journées ne font-elles pas 36h ? C'est bien 36...
C
déjà, tu m'as portée chance, je l'ai revu... je veux bien la suite, du coup, sait-on jamais... :-)
S
C'est vrai qu'il y a plusieurs sens à gourmandise, merci pour cette histoire qui effectivement demanderait une suite car elle nous laisse sur notre faim ;-)
C
Merci pour vos chaleureux commentaires.<br /> - Rémy : une suite ? Si seulement j'avais quatre mains, je te dirai oui & peut-être même sous la forme d'un récit interactif comme le proposait Enriqueta, mais j'aurai du mal à écrire régulièrement une suite en ce moment.<br /> - Capitainelili : j'aimerai être une voyante et avoir vu ce récit dans ma boule de cristal, pour toi, rien que pour toi.<br /> - Enriqueta : je pense que tu devrais être ravie lors de la publication de ma prochaine participation à Paroles Plurielles... Sans gourmandise, juste un peu de... chuuuttttt...<br /> Merci à vOus de venir me voir.
E
Oui c'est vraiment très réussi!!! De plus en plus dangereux ton blog! Quand ce n'est pas la luxure, c'est la gourmandise, voire les deux! Tu multiplies les péchés...et c'est avec délice que nous te suivront...en enfer! :-))
Derniers commentaires
Publicité
Publicité
Publicité