Devant moi... Au fil du temps

Des petits riens, des instants de vie, des joie, de peines… & le plaisir d'écrire...

02 juin 2008

Dilemme

25868926 Consigne N°70 de chez Parole Plurielles :

En vous inspirant de cette photo de Coumarine...

Voici l'incipit :

"Je sors du garage avec une épouvantable migraine..."

~ ° o O o ° ~

& Voici ma version...

Je sors du garage avec une épouvantable migraine.  Ça fait des jours & des jours qu’elle me torture. Rien y fait.

Je ne supporte plus cette voix à l’origine de tous mes maux, qui me dit ce que je dois ou ne dois pas faire.

Il faut que ça s’arrête ! Elle est là, du soir au matin. Je suis sous son emprise, prisonnier. Mes moindres réactions sont contrôlées. Un débordement & la sanction tombe : une impulsion électrique plus ou moins forte, envoyée directement au cerveau. Vous ne résistez pas longtemps au supplice.

Ils avaient dit que cette puce changerait notre vie, que notre monde serait meilleur. Plus de guerres, plus de misères, plus de malheurs… Un monde parfait comme avenir nous promettaient-ils !

Ils avaient commencé leur expérience sur des volontaires puis très rapidement, le consortium des Sages avait décidé de l’implanter sur tous les nouveau-nés.

C’était il y a trente ans.

Je m’appelle Paul, je suis marié, j’ai un enfant. J’ai connu le monde d’avant, pas eux. Il n’avait rien avoir avec tout cela. Ici, même les bébés ne pleurent plus, ne crient plus !

Le consortium des Sages dirige le monde, mais dans tout pouvoir totalitaire il y a une résistance qui s’organise. Dans tout pouvoir absolu, il y a des rebelles qui refusent de se soumettre.

J’ai rencontré certain de ces insoumis. Des hommes, des femmes à la gueule cassée qui vivent en marge de la société. Ils sont traqués par les brigades noires, d’impitoyables humains faits de cerveau d’électronique.

Ils m’ont appris à maîtriser, leurrer le système quelques instants, me permettant ainsi de réfléchir sans surveillance, mais c’est épuisant…

Depuis cette rencontre, je rêve de retrouver ma vie d’avant, sans oser franchir le cap… Mais je dois prendre ma décision. Ils m’ont laissé un mois & l’échéance est demain.

J’hésite.

J’ai peur.

Surtout pour les miens…

S’ils ne me suivent pas, ils seront arrêtés, questionnés ou pire encore.

Mais accepteront-ils le sacrifice de se faire trépaner afin de vivre & de penser librement… Plus tard ?

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04 février 2008

Témoin gênant

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Consigne N°62 de chez Parole Plurielles :

Il s'agit d'un détail d'un tableau de Paul Delvaux, prise par Bernard (j'ai trouvé cette photo sur son blog photo) .

Le tableau se trouve au Musée d'Art moderne de Bruxelles.

L'incipit de votre texte qui s'inspirera de la photo:

"Mes bien chers frères..."

~ ° o O o ° ~

   

& Voici ma version...

Témoin gênant

- Mes bien chers frères…

Le grincement de porte interrompt le prête. Un homme à l’allure plutôt excentrique, passe la tête dans l’entrebâillement pour s’assurer qu’il se trouve au bon endroit. Ce contrôle effectué, il décide d’entrer & de s’asseoir. Ses efforts pour éviter de déranger davantage la cérémonie, sont anéantis par le couinement de ses semelles, provoquant ainsi l’agacement du prête.

- Reprenons !
Mes biens chers frères, nous sommes réunis aujourd’hui afin de…

- Ah ah ah… Mais enfin mes amis, regardez-vous !
Vous avez vu vos têtes ?
C’est votre mariage pas un enterrement !

- Monsieur, vous n’avez rien à faire ici ! L’office sera célébré dans une heure ! Là, c’est une répétition, revenez plus tard !

- Je suis leur témoin.

- Le témoin de qui ?

- De tous ! Ce sont mes amis & je serai le témoin de chacun d’entre eux.

- Bon, d’accord, mais à ce moment-là faites vous plus discret.

[…]

- Franchement les gars, vous êtes vraiment sûrs de vouloir vous marier ? Insiste l’homme.
Allez, on est entre nous…
Vous vous mariez par amour ou bien seulement pour gagner notre pari ?

- Quoi ? Quel pari ? s’étonne le prêtre.

- Celui de tous nous marier avant 40 ans avec la femme de notre vie.
Allons mes amis, en toute honnêteté, le sont-elles ?
Ou bien sont-elles celles choisies à défaut de ne pas avoir eu le temps de les trouver, ne pas avoir su garder celles qui auraient pu l’être ?
Vous n’osez répondre… Aurais-je réveillé le doute en vous ?
Avez-vous oubliez vos rêves, vos espoirs fondés lors de nos réunions, quand nous n’étions encore que des étudiants ?
Moi je n’ai pas fait une croix dessus…
Je ne l’ai pas trouvée mais je ne désespère pas. Je sais qu’elle m’attends quelque part, qu’un jour, au hasard d’un détour, elle sera là… & je saurai que c’est elle…
Souriez… Mais en attendant puisque vous aimez les paris, je vous en lance un autre. Celui que trois d’entre vous seront divorcés bien avant d’avoir fêté ses noces d’étain !
Vous suivez ?
A moins qu’au final, vous renonciez à vous marier…

Cette note chez Paroles Plurielles

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21 janvier 2008

Clap

20862957Consigne N°61 de chez Coumarine :

[...] Le moment est venu de vous donner la nouvelle consigne, première de cette année!

La photo m'a été confiée par D&D, un ami blogueur dont j'apprécie beaucoup la manière d'écrire, parfois un peu déjantée ou désordonnée... Mais j'aime ça...
Ecrire n'est pourtant pas son objectif premier... Lui c'est le cinéma qui le passionne et les idées qui vont autour...

Vous vous inspirerez de la photo et commencerez votre texte par cet incipit:

"J'ai bien fait le tour de la question..."

Bonne créativité à tous et à chacun...!

~ ° o O o ° ~

 

& Voici ma version...

Clap

- J’ai bien fait le tour de la question… Mais j’t’assure, je n’sais plus… Je m’rappelle plus…

- C’est insensé ! Il doit bien y avoir un truc dont tu te souviens quand même ! On n’oublie pas tout une soirée comme ça bon sang !

- Ne cris pas, j’ai mal au crâne…

Il se tut. Après un court instant, elle reprit d’une voix hésitante, au fur & à mesure que les bribes de ses souvenirs revenaient :

- J’entends de la musique, des chants…

L’atmosphère est très étrange, envoûtante… Elle m’inquiète & m’attire en même temps.

Les gens autour de moi me sourient, m’effleurent… Certains me caressent, m’embrassent…

Je reste docile. Je ne cherche pas à m’enfuir… J’apprécie ces gestes de tendresse.

Le champagne coule à flot & les coupes s’enchaînent…

Je m’avance vers un groupe affalé devant une table de verre où toutes sortes de substances interdites sont consommées sans modération… Cocktails détonants auxquels je m’adonne sans retenue.

- P’tain t’as pris d’la came ! T’es complètement folle ou quoi !

- Tais-toi ! Comment veux-tu que je me rappelle si tu m’coupes tout l’temps !

Je me souviens de cette vision enchanteresse, celle de cet ange sorti de nulle part qui s’approche de moi. Il m’enlace, m’emporte dans ses danses démentes, tourbillons enivrants me menant dans un état proche de la transe… Oubliant la bienséance, obnubilée par son charme & fascinée par son regard, je m’abandonne à lui…

J’entends des rires… Je suis la risée des spectateurs. Je vois leur visage répugnant & dans leurs yeux, le désir d’assouvir leurs fantasmes… Ils m’agrippent, je crie, me débats… Je deviens hystérique.

Puis c’est le trou noir.

Le silence pesant me réveille. Il fait noir. Une odeur infecte règne dans la pièce. Je me lève, me dirige vers la fenêtre. Fébrile, je pousse une persienne. La lumière aveuglante pénètre l’endroit…

Les mots se perdent dans ses sanglots :

Je… Je découvre du sang sur mes mains… Du… Du sang sur mon corps nu…

C’est horrible… Y en… Y en a partout…

   
Coupez ! C’est bon pour moi, on la garde !

Cette note chez Coumarine

 

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12 décembre 2007

Le mal-aimé

Consigne N°59 de chez Coumarine :

Une consigne un peu différente cette fois, elle a trois volets :

- Vous écrirez un texte sur le thème de la jalousie. La jalousie peut concerner tous les domaines (pas seulement l'amour...)

- Ce sera obligatoirement sous forme de lettre

En aucun cas vous ne pouvez utiliser la lettre u

Bonne créativité... Amusez-vous bien!

Petite précision:

La lettre U ne peut être utilisée dans aucun mot, mais on m'a fait remarquer qu'il est difficile d'écrire une lettre à quelqu'un sans utiliser les mots TU et VOUS. Donc, les deux seuls mots autorisés qui contiennent le U sont TU et VOUS.

La consigne de la lettre manquante n'est pas facile, je vous l'accorde... Mais prenez-le comme un défi à relever.

~ ° o O o ° ~

& Voici ma version...


 

Le mal-aimé

Madame la Mère de la Terre,

Je viens vous exprimer mon vif mécontentement & ma révolte face à la terrible méprise dont je fais l’objet. Je me sens offensé.

Ils s’indignent, pestent dès les premiers signes de mon apparition. De pas légers en timides approches, je m’immisce discrètement afin de ne point les effrayer, laissant ainsi l’été s’estomper progressivement. Malgré mes efforts, les grimaces déforment ces êtres en visages laids, gris, agressifs, tristes…

Ils regrettent les caresses estivales de l’air, les dégradés de cyan, indigo & blanc, les chamarrés de coloris arc-en-ciel mêlés à de délicates fragrances virevoltantes dans l’air des champs, des vergés & des jardins.

Afin de les charmer, je me pare aussi de teintes chatoyantes et flamboyantes ; ambre, ocre, topaze, carmin, vermillon & sienne s’unissent avec les verts persistants des pins & des cèdres.

On me nomme l’été indien mais l’on me craint trop dans la majorité des cas, voyant en moi davantage le froid, la déprime s’installer, la clarté régresser au fil du temps.

Bientôt, l’écrasant manteau de l’hiver viendra revêtir les plaines, les vallées, les montagnes & les villes… Mais là, ils seront ravis car cette période rime avec les plaisirs de la neige & les fêtes de fin d’année.

Ils me détestent, pire, me haïssent ! C’est affligeant…

La terre a besoin de moi. Elle se repose grâce à ma présence. Sans moi, elle serait incapable de se réveiller à la vie après six longs moi d’hibernation. Tel le Phénix renaît de ses cendres, le printemps & l’été reviennent fertiles & abondants après avoir profité de ma générosité.

J’attends de vous les mots, les gestes permettant de les convaincre, d’obtenir la reconnaissance de mes bienfaits dans le cycle de la vie ; espérer enfin voir, la gaité habiller les visages de ces hommes, ces femmes & ces enfants lors de ma prochaine visite.

Dans cette attente, je vous prie de croire en ma dévotion sans limite dans l’accomplissement de mon rôle & en mon égard revenant à votre Grandeur.

L’automne

Cette note chez Coumarine

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08 décembre 2007

Divagation

Atelier d'écriture " Les Impromptus Littéraires "

Thème de la semaine du 03/12/07 au 09/12/07 - " Divagation "

Cette semaine, vous avez entière liberté pour nous rédiger un texte de votre cru, divaguer comme bon vous semble.
Mais, mais !!! Ah oui, sinon ce ne serait pas drôle !!
Nous souhaitons trouver dans vos lignes (dans l'ordre ou le désordre) ceci :
- un lézard grincheux,
- des gouttes d'encre violette,
& un igloo sous la neige.

~ ° o O o ° ~

Un p’tit lézard grincheux,

Qui rampait sur un mur,

Je l'attrape par la queue,

Je le montre à mes copains.

Mes copains me disent :

Coupe-lui les pattes,

Coupe-lui la queue,

Ca fera un serpent tout baveux !

Je le mets dans des gouttes,

D’encre violette et rouge,

Il me crie très fort : Oh s’cours

Je le mets dans un igloo,

Sous la neige c’est plus cool,

Il me crie : Aïe qu’il dérouille !

Je le mets dans un bocal,

Il me crie : Oh que c’est génial !

Ma version chez Les Impromptus Littéraires

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15 novembre 2007

Le bleu, les bleus de Babette

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Consigne N°57 de chez Coumarine :

Une photo de Coumarine...

L'incipit :

"Tante Babette prit une profonde inspiration"

Ceci est le début d'une nouvelle de Rilke qui s'intitule "L'anniversaire".

~ ° o O o ° ~

& Voici ma version...

Le bleu, les bleus de Babette

Tante Babette prit une profonde inspiration. L’émotion était intense.

Cela faisait si longtemps...

C’était juste après la guerre. À l’époque, ce n’était pas cette belle biscuiterie où profusion rime avec gourmandise. Non, juste une petite épicerie aux étalages peu achalandés.

Elle y avait vécu seule avec sa mère après que son père, mobilisé, ait été constitué prisonnier & envoyé au fin fond de l’Allemagne. Sa mère ne lui avait jamais montré le moindre signe d’affection ; elle n’était que son souffre-douleur. Un mot déplacé, un oubli, une bêtise ou un retard pouvaient déclencher sa hargne, sa colère & sa violence. Les gifles, les coups, les corrections au ceinturon ne l’avaient jamais épargnée.

Autour d’elle, ses cousines, ses tantes savaient, elles avaient même assisté à certaines scènes… Jamais elles n’étaient intervenues. Seule la boulangère avait eu l’audace de lui faire la morale, un jour où les bleus étaient trop visibles & que Babette n’avait pas su mentir.

À la fin de la guerre & au retour de son père, la vie avait repris son cour, presque normalement. Souvent absent, il ne se doutait pas du calvaire vécu par Babette.

Un soir, dans le bleu de ses yeux, il a vu toute la détresse, toutes les peurs de sa fille. Il a compris ses souffrances, celles qu’elle endurait de sa mère devenue son tortionnaire. Il l’emmena loin d’elle & l’espoir revint dans le bleu des yeux de Babette.

Elle n’y était jamais revenue depuis, la blessure était trop profonde, trop douloureuse, à peine refermée.

De l’autre côté du comptoir, une vieille femme aux cheveux blancs et relevés en chignon, sortit de l’ombre. Babette reconnu son regard sombre derrière le sourire qu’elle leur adressa.

- Voulez-vous goûter une madeleine ? Proposa la vieille dame en tendant d’une main tremblante une boîte.

Babette hésita longuement. Cette femme âgée si frêle, qui n’avait plus rien à voir avec sa mère, l’effrayait encore. Elle sentit son sang glacer ses veines.

- Non… Non merci, je ne veux plus rien de vous.

Cette note chez Coumarine

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29 octobre 2007

Trafic interrompu

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Consigne N°56 de chez Coumarine :

Ceci est une photo de Corbillo, le chéri de Fauvette. Avec comme incipit, la première phrase du billet de Fauvette du 16 octobre:

Mauvaise surprise, le quai du métro est noir de monde !

      

~ ° o O o ° ~

      

& Voici ma version...

Trafic interrompu

Mauvaise surprise, le quai du métro est noir de monde.

Comment faire pour se faufiler dans cette foule si dense ? Jamais ils ne me laisseront passer, ils ont trop peur de perdre leur place !

Au secours, à l’aide… Aidez-moi…

Autour de moi, il n’y a plus personne. Comme par enchantement, ils ont tous disparu.

Une main se posant sur mon épaule me fait sursauter.

- Madame… Vous allez bien ? Vous êtes toute pâle & en sueur.

- Monsieur l’agent, y’a un type qui me poursuit depuis mon travail ! Vous savez la grande tour de verre, juste là, à l’entrée de la station… Il m’a coincée dans l’ascenseur, m’a menacée d’un couteau… Je lui ai filé un coup de pied entre les jambes & j’suis sortie juste avant la fermeture des portes. J’ai dévalé les étages pour arriver ici où il…

- Ah ah aaah…

Je me retourne & aperçois mon agresseur au bout du quai, avançant lentement.

- C’est lui !

Mais le policier s’est évanoui, comme la foule tout à l’heure.

C’est pas possible ! J’suis dans un rêve… Je vais me réveiller.

Seule sur le quai, je suis à nouveau à la merci de cet homme, qui se dirige vers moi.

J’entends au loin, le grincement des rails de la rame qui s’approche. C’est ma dernière chance, monter dans un wagon et espérer qu’il se ferme avant même que ce type n’y pénètre.

Non, il est trop près. Si je monte, il monte & là Dieu seul sait ce qu’il fera de moi.

Il me faut une autre idée. VITE !

Il n’est plus qu’à quelques mètres de moi, je peux distinguer son sourire cynique, son regard cruel. Je suis paralysée, il vient & je reste plantée là sans tenter de fuir, tel une proie résignée.

Au moment où il s’apprête à m’agripper, je fais un pas en arrière, prends de l’élan & saute sur la voie juste devant le métro qui arrive.

Déséquilibré, il tombe.

Je ne prends pas le temps de regarder derrière moi. Je me précipite hors de la station & poursuit ma course jusqu’à la suivante. Là, surprise ! Le quai du métro est noir de monde…

Une voix nous informe qu’un incident voyageur perturbe l’ensemble du trafic sur la ligne.

Cette note chez Coumarine

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20 septembre 2007

L’heure n’est pas venue

16718912_pConsigne N°53 de chez Coumarine :

Voici une photo qui m'a été confiée par une participante (étudiante) à mes ateliers d'écriture. Elle s'appelle Anaïs, elle n'a pas de blog, mais écrit avec un réel talent d'écriture. La photo a été prise quelque part à Bruxelles...
Le texte commencera par cet incipit:

L'horloge indique vingt deux heures trente, mais elle est en avance...

~ ° o O o ° ~

& Voici ma version...

L’heure n’est pas venue

L’horloge indique vingt-deux heures trente, mais elle est en avance.

Je le sais, cela fait trois ans que je la regarde tous les soirs. Trois ans que je le constate. Trois ans que je désespère que ces quelques minutes d’avance sur le temps, ne me permettent de changer le cours de ma vie, le jour où le destin décidera de la remettre à l’heure. Cette vie devenue insipide, affligeante au fil du temps… Insupportable.

Tel un chat qui joue avec sa proie, la torture avant de la dévorer, je subis les affres de cette existence qui s’acharne sur moi. Les doutes, les craintes, les angoisses tourbillonnent, raisonnent dans ma tête. Je n’en puis plus. J’ai besoin de trouver le repos de l’âme… De cesser de penser.

Assis sur le bord de la balustrade, les yeux humidifiés par mes larmes, je suis prêt à rejoindre ce vide qui m’attire, faire le grand saut. Ce saut libérateur, rédempteur…

Mon regard croise les deux lucarnes côte à côte du bâtiment d’en face. Une étrange sensation m’envahit, celle d’être observé… Surveillé par ces lucarnes plantées là comme des yeux sur un visage. Deux grands yeux étonnés de me voir si proche d’eux, si prêt à renoncer… Trop lâche.

Le déplacement des nuages dans le ciel de la nuit obscure, laisse transpercer la lumière de la lune qui se reflète sur la lucarne entrouverte. Elle semble me faire des clins d’œil. J’ai l’impression qu’elle cherche à attirer mon attention, à me délivrer un message :

Non, ne saute pas ! Reste avec nous.

Je ne suis plus seul, cette présence inconnue me dérange, me déconcentre. Delirium tremens… Tous ces verres ingurgités pour avoir du courage… Le courage d’en terminer une bonne fois pour toutes. Maintenant j’hésite…

J’observe à nouveau les lucarnes que la lune éclaire entièrement. Je distingue un reflet, une ombre, des cheveux longs & clairs, un enfant jouant avec un petit miroir. Il ouvre la fenêtre, me dévisage, puis m’offre le plus beau des sourires qui soit avant de disparaître en me faisant un signe d’au revoir. Son innocence apaise ma détresse…

L’espace d’un instant l’espoir revient.

Cette note chez Coumarine

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03 septembre 2007

7 Mots pour la rentrée

Atelier d'écriture " Les Impromptus Littéraires "

Thème de la semaine du 27/08/07 au 02/09/07 - " 7 Mots pour la rentrée "

Le temps de la rentrée arrive à pas feutrés, dans le calme ou dans la démesure. C'est un moment de stress, d'évocations de souvenirs d'été, de préparation à la reprise du travail ou de mélancolie. Ce peut-être également un moment de pur délire.
Il vous est proposé de rédiger un texte dans lequel devront impérativement figurer les 7 mots suivants écrits comme il suit : Orion, GPS, sensualité , professeur, abricot, agenda et tong.
Les pluriels seront acceptés. Cet ordre n'est qu'indicatif.
À vos plumes ! Et bonne rentrée !

~ ° o O o ° ~

Les vacances, synonyme de repos, de soleil, de valises, de centaines de kilomètres pour regagner son lieu de villégiature. L’une des périodes de l’année les plus attendues avec Noël ; mais cette année, je ne pars pas, je déménage. Assise en tailleur au beau milieu de ma chambre, entourée de vielles boites d’archives, je trie et re-trie les souvenirs amassés des années durant. Parmi eux, je retrouve un petit carnet de la taille d’un agenda, à la couverture cartonnée et fleurie.
Quelle surprise, je pensais l’avoir jeté celui-là !
Mon journal…
Je me rappelle l’avoir commencé lorsque j’avais quinze ans. Mon amie Isabelle qui tenait le sien, me l’avait offert afin que je puisse y noter mes joies, mes peines, mon quotidien… Tous mes secrets… Je l’avais même parfumé avec mon eau de toilette, un parfum fruité. Comme toutes les adolescentes à cette époque, j’en raffolais. Moi c’était pêche ou bien abricot, je ne sais plus…
Je rapproche de mon nez le précieux livret et avec stupéfaction, j’en découvre sa légère odeur sucrée. Je le regarde, osant à peine l’ouvrir, caressant sa couverture. Délicatement, je glisse un doigt entre les premières pages, les soulève. Le journal s’ouvre…
Il accepte de me livrer une nouvelle fois ses secrets, au hasard des pages que je feuillette.

Lundi 29 juin 1981
Mon journal, je me décide enfin à t’écrire, griffonner quelques mots sur tes pages. C’est le premier jour des vacances et je me demande comment je vais pouvoir occuper mes journées. Deux mois et demi de congés, c’est plus de deux mois sans mes amies, sans Isabelle surtout. J’écoute la musique, je regarde la télé, je dessine… Voilà le programme en ce moment. Ah si ! On ira aussi visiter un ou deux châteaux de la Loire avec maman.
Et puis, dans une quinzaine de jours, nous partirons à la mer, en camping à l’Ile de Ré. Je me demande si je me ferai des amis là-bas, un petit ami… Un « GPS » comme dit souvent Isabelle.
Elle me manque. Elle est partie à Palavas-les-Flots rejoindre son père qui y vit depuis son divorce.
Je vais lui écrire, tout à l’heure…
Je joue aux cartes, je fais des réussites ; si je gagne, mon vœu se réalisera, si je perds, tant pis… Souvent, mon vœu c’est d’avoir un « GPS »… Mais je pers les trois quart du temps.
Petite précision, « GPS » c’est l’abréviation de Garçon Parfait et Séduisant. C’est un code inventé par Isabelle, facile à retenir et à placer dans nos discussions entre fille.

Mercredi 15 juillet 1981
C’est le grand jour du départ. La remorque est attelée à la Ford Orion. Pour une fois maman a décidé de prendre l’autoroute pour aller plus vite. Enfin, pour avoir moins de route car maman ne conduit jamais vite. Avant Tours, un véhicule d’entretien de l’autoroute nous a fait signe de nous arrêter. On roule à 80 km heure et c’est dangereux. Il faut sortir dès que possible et en attendant rouler avec les warnings sur la bande d’arrêt urgence. La honte…
17 heures maman est trop fatiguée. Elle préfère s’arrêter dès qu’on trouve un camping pour y passer la nuit et repartir le lendemain. Ironie du sort, c’est à « La Crèche » on l’on monte la tente.
J’ai écrit à Isabelle mais je n’ai pas eu de réponse, peut-être à mon retour.

Vendredi 7 août 1981
Cher journal, je t’ai un peu délaissée c’est dernier temps… Pas le temps… Pas envie… J’ai reçu une lettre de Florence mais je n’ai toujours pas de nouvelles d’Isabelle. Elle doit bien s’amuser là-bas dans le sud, elle a la plage, la mer, le soleil tous les jours… Quelle chance ! Ici, il n’y a rien à faire !
J’ai commencé un nouveau dessin avec mes pastels, celles offertes par mon pépé. Il trouve que j’ai un joli coup de crayon mais maman ne souhaite pas que je fasse des études artistiques ; elle pense que cela ne débouche pas vers un travail sérieux.
Allongée sur la pelouse, je regarde le ciel bleu avec un peu de tristesse. Le bilan de ce premier mois est loin d’être fantastique. Pas de « GPS », pas d’Isabelle, seulement mes frangines et mon frère. Ma sœur aînée a un petit copain, elle le voit presque tous les jours car il a une mobylette et ainsi il peut venir dans notre patelin paumé. Mon autre sœur passe cet après-midi chez sa copine Patricia ; normal, elle habite à 500m. Moi, ma copine, elle est trop loin…
Maman m’appelle, le facteur est passé, il y a une lettre pour moi. J’enfile mes tongs et cours la rejoindre. C’est sûrement Isabelle.

Samedi 8 août 1981
J’ai enfin reçu une lettre d’Isabelle. Elle passe de superbes vacances avec son frère, son père et sa nouvelle fiancée. C’est une très jolie femme, blonde aux yeux verts, qui aurait beaucoup de sensualité selon les mots d’Isabelle. Elle a presque dix ans de différence avec son père et ils envisagent de se marier, peut-être l’année prochaine.
Je suis contente car elle rentre après le 15 août. Je vais demander à maman si elle est d’accord que je l’invite à la maison.
Demain, on ira faire les courses pour la rentrée scolaire. Il n’y a pas trop de choses, c’est surtout des livres à acheter, à la bourse aux livres s’ils y sont, autrement on verra.
Cette année, je quitte le collège pour le lycée, la seconde, l’inconnu… Je ne connaîtrai pas grand monde là-bas, c’est la période où les chemins se séparent, chacun emprunte la route qu’il souhaite en fonction de ses orientations et du métier qu’il désire faire plus tard.
J’angoisse un peu de devoir affronter ce nouvel univers…

Je parcours encore quelques pages. Je sais qu’il est tard, que les cartons ne sont pas terminés, que j’ai pris un retard énorme, mais la rentrée scolaire de mes enfants approchant à grand pas, je ne peux m’empêcher d’aller voir plus loin, si j’avais écrit quelque chose sur cet évènement.

Jeudi 10 septembre 1981
C’est mon entrée au lycée. Maman a repris le travail et n’a pu m’emmener. J’ai pris le car à 13h00 ; d’ailleurs je n’avais pas le choix, il n’y en a qu’un seul l’après-midi pour aller en ville. La semaine dernière, on a repéré le chemin avec maman, afin que je ne sois pas perdue le premier jour.
J’étais très en avance, j’ai attendu seule dans la cours du lycée qui s’est vidée peu à peu de ses élèves, les premières, les terminales. Il ne devait rester que les secondes et les professeurs principaux venant les accueillir.
Isabelle est enfin arrivée et on n’a pas arrêté de discuter, jusqu’à ce qu’elle soit appelée. Pas moi… Je l’ai vu  partir avec son groupe. J’ai senti mon cœur se serrer. Isabelle n’était pas dans la même classe que moi, on était séparée. J’avais envie de pleurer, assise sur ce banc, abandonnée, aucun visage autour de moi pour me rassurer. Je sentais les larmes venir, j’ai levé les yeux au ciel afin que personne ne sache qu’une pauvre gamine de 15 ans pleurait comme un enfant de 3 ans, rentrant en première année de maternelle.
Une fille est arrivée, très sure d’elle… C’était une redoublante, elle connaissait les lieux, elle n’avait peur de rien alors que moi je restais pétrifiée.
Un prof s’est approché, c’était mon prof principal. Une femme d’une quarantaine d’années, aux cheveux courts et bouclés, l’allure garçonne mais semblant malgré tout gentille. L’appel terminé, tout le monde a regagné la classe pour procéder au rituel des fiches administratives à remplir.
A la fin des cours, je n’ai pas retrouvé Isabelle. Elle a terminé plus tôt et était déjà repartie chez elle. Demain, il faut que je lui demande son emploi du temps.

La nostalgie du temps passé, des amis d’enfance, du collège, du lycée, ces moments intenses vécus ensemble… Ce passé quelque peu oublié, qui me revient en pleine face et me perturbe un tant soit peu. Je me rends compte à quel point le temps passe vite, trop vite.
Ces clichés pris sur le vif, il me semble que c’était hier, pourtant c’était il y a plus de 25 ans… Qu’il est loin ce temps où l’avenir était devant moi, tous ces projets, ces rêves qui fourmillaient dans la tête…
Je suis interrompu dans ma réflexion par ma fille entrant dans ma chambre. Elle a terminé de ranger ses affaires et s’inquiète de ne plus m’entendre faire du bruit.
- Ca va maman ?
- Oui, bien sûr…
- On ne dirait pas. On dirait que tu as pleuré…
- Non, non… C’est l’émotion… J’étais entrain de relire mon journal, celui que je tenais lorsque j’avais 15 ans.
- T’avais un journal ? dit-elle étonnée.
- Oui…
- Moi aussi j’en ai un mais je n’écris pas souvent.
- Tu devrais, tu seras contente de le relire plus tard.
- Ah non ! Si c’est pour pleurer ensuite et être triste, c’est pas la peine !
- Mais, c’est juste des larmes de bonheur. Je ne suis pas triste. Au contraire, je suis ravie de pouvoir revivre pendant quelques minutes, ces bouts de vie de mon adolescence, lui répondis-je en la serrant dans mes bras. C’est que du bonheur…

Cette note chez Les Impromtus Littéraires

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29 août 2007

Comme un murmure sur l'oreiller

Atelier d'écriture " Les Impromptus Littéraires "

Thème de la semaine du 20/08/07 au 26/08/07 - " Comme un murmure sur l'oreiller "

Après une semaine d'amour profond et dévoué, nous vous proposons cette semaine de nous livrer un secret resté sur les têtes de lit. Une histoire coquine, c'est à dire amusante ou à caractère érotique ayant pour thème Comme un murmure sur l'oreiller.

Bâillonnez la pudeur, sortez vos souvenirs tendres ou imaginez ce qui vous siérait le mieux dans de tels moments. Laissez libre cours aux possibilités du désir et faites-nous découvrir ces mots d'amours laissés dans la chambre à coucher.

~ ° o O o ° ~

- Pfffff… C’est franchement du n’importe quoi !
- Comment ?
- C’qui dise dans cette pub à la radio !
- Et bien quoi ?
- Ben, c’est nul ! « Je voudrais que tu saches que j’ai perdu, tout le temps passé à ne pas t’aimer » Faut être totalement niais pour sortir un truc pareil à une fille !
- Tu trouves ? Moi j’aime bien… J’trouve que c’est une jolie façon de déclarer sa flamme à quelqu’un… C’est poétique… Romantique…
- Wouais, c’est bien ce que je dis : c’est nul ! Il aurait plus vite fait de dire « Tu me plais, veux-tu sortir avec moi » C’a l’mérite d’être clair comme ça.
- Wouais mais c’est un peu… Brutal… Ça, manque de tendresse…

- Bon, on s’bouge ? On n’va pas passer l’après-midi ici à essayer tous ces matelas. En plus, les vendeurs commencent à nous regarder de travers !
- Attends… Ajouta-t-elle en retenant sa main.
- Quoi encore ? T’as choisi ?
- Non, mais… Tu saurais être romantique, tendre, un soir si je te le demandais ?
- Euh… Pfff…
Embarrassé et pris de court par la question de son amie Juliana, Romain ne sut pas quoi lui répondre. Un « non » franc, traduisant le fond de sa pensée sur le sujet, l’aurait blessée ; un « oui », même hésitant, l’obligerait à devoir prévoir une soirée dans un domaine où l’inspiration lui faisait défaut. Il attrapa l’oreiller sur lequel il s’était reposé quelques minutes auparavant et en assena un coup sur le visage de son amie.
- Tiens, voilà ce que je pense de ton romantisme, répondit-il d’un ton narquois.
Juliana ne s’attendait pas à cette réaction. Elle lui connaissait son caractère taquin et désinvolte sur ce sujet mais elle aurait souhaité entendre d’autres mots cette fois-ci. Son allusion au romantisme, elle l’avait faite en espérant qu’il relèverait le défi. Elle cacha sa déception, afficha un sourire et saisit l’oreiller sous sa tête, décidée à ne pas se laisser battre de la sorte.
- Tu le prends comme ça, hein… Tu vas voir ! Tiens, prends ça ! Et puis ça !
Les hostilités étaient lancées. Nos deux amoureux chahutaient gentiment à grands coups d’oreillers dans le magasin de literie, sous les yeux ébahis et scandalisés de certains clients, tandis que d’autres s’amusaient de la situation.
Le responsable du magasin, médusé se précipita vers le couple afin de mettre fin à leurs agissements. Juliana et Romain arrêtèrent immédiatement leur jeu puéril. Ils regardèrent l’homme bedonnant et en sueur d’avoir couru, et ne purent s’empêcher d’éclater de rire. Excédé, il leur ordonna de quitter le magasin, ce qu’ils firent sur le champ en courant et en criant :
« Pauvre nase, on ira l’acheter ailleurs  notre lit ! »

Le soir même, allongés sur le matelas défraîchit de leur chambre, les corps dévêtus des deux amoureux se faisaient face. Juliana semblait rêveuse. Romain l’observait, cherchant un mot, un regard, une attention de la part de son amie. Il lui caressa doucement le visage avec le dessus de sa main, effleurant au passage ses lèvres entrouvertes. Une caresse emplie de tendresse, se voulant rassurante. Elle le regarda, sans rien dire, toujours évasive. Il rapprocha son visage du sien, frotta affectueusement son nez contre le sien en signe d’apaisement d’un conflit dont il supposait être l’auteur involontaire et qui ne se déroulait que dans l’esprit de Juliana. Puis, d’un ton apaisant, il déclara :
- T’en fais ma belle, nous aussi on l’aura notre lit… On aura le plus beau lit… Tel que tu le souhaiteras et s’il n’existe pas, moi, pour toi, je te le fabriquerai… Tu en vivras des heures de sommeil dedans. Tu t’y réveilleras encore engourdie par le manque de repos causé par nos nuits trop courtes, passées à se regarder, à se parler, à s’écouter, à se donner et à s’aimer… Tu y entendras nos espoirs, nos projets, nos regrets, nos aveux et nos promesses… Certainement que tu y pleureras, j’y pleurerai, nous y pleurerons ensemble. Nos larmes sur nos joues couleront sur les draps de ce lit qui les absorbera, comme pour mieux nous les faire oublier. Tu en savoureras des moments d’intense bonheur dans ce lit. Tu y succomberas aussi, dans les bras de Morphée ou dans les miens, sous mes caresses, mes baisers, mes griffures que je t’affligerai par le trop plein de plaisir que tu auras engendré à mon corps. A l’infini, pendant des années entières, ce lit sera notre nid douillet, notre cocon, pour toute la vie… Alors, je ne suis peut-être pas le romantique dont tu rêvais, ni même le prince charmant que tu espérais, mais je suis là, près de toi, pour toi… et sans toi, ce lit n’aurait aucune raison de se trouver ici.

Juliana était très émue et avait les larmes aux yeux. Jamais Romain ne lui avait parlé ainsi, d’ailleurs jamais aucun autre homme ne lui avait fait un discours si sentimental. Des « Je t’aime », oui bien sûr, rarement, mais cela lui était déjà arrivé… Mais une telle déclaration.
Elle sentit une intense chaleur envahir son corps, un besoin incontrôlable de le prendre dans ses bras pour le serrer très fort, l’embrasser et s’abandonner à lui.
Dans la chaleur moite de la chambre éclairée par une lumière tamisée, Juliana oubliant toutes ses craintes, laissa s’exprimer son corps. Langoureusement elle monta sur celui de son bien aimé, le couvrant de baiser au fur et à mesure de son avancée. Arrivée dans son cou, ses doux baisers se transformèrent en de petites morsures ayant pour effet de contracter son partenaire. Cette réaction ne faisait qu’attiser ses désirs et pulsions, tout comme le sentiment de domination qu’elle éprouvait et dont elle souhaitait profiter encore quelques instants.
Romain semblait se délecter de la situation malgré les douleurs infligées. Pour une fois il devenait l’objet du plaisir de sa belle et il l’appréciait. Il frissonna de plaisir lorsqu’elle vint caresser le lobe de son oreille avec sa langue, tout en laissant échapper un léger gémissement, puis recommençant en lui mordillant et en lui insufflant le souffle chaud de son expiration.
Exquises et enivrantes sensations…
Difficile de lui résister, de ne pas l’attraper puis la retourner pour enfin se libérer de toutes ces envies canalisées en soi, d’assouvir sa soif et de satisfaire l’appétence de ce corps féminin tuméfié par l’excitation et le désir.
Romain tenta de caresser les seins de Juliana, mais elle l’en empêcha en agrippant ses mains et en les maintenant. Poursuivant sa quête du plaisir, elle remonta jusqu’au visage son compagnon. S’approchant de ses lèvres, elle sentit sa respiration s’accélérer. Elle frôla ses lèvres, de gauche à droite, doucement, puis de droite à gauche… Emporté par ce va et vient, Romain entrouvrit ses lèvres désireux d’accueillir un baiser salvateur. Mais l’attente était trop longue, l’exaltation trop extrême. Exacerbé, il ne pu se contrôler plus longtemps.
Leurs lèvres finirent par s’unirent sensuellement, puis passionnément. Leur corps s'assemblèrent enfin, s’adonnant à de voluptueuses danses, s’intensifiant sous les rythmes ardents et incessants des « Oui, ouuuiii, OUUUUUiiiii… » et des « Encore, t’arrête pas… Oui, comme çà… T’arrête pas… », jusqu’à l’ultime jouissance… L’épuisement absolu.
A l’aube, comme un dernier murmure sur l’oreiller avant de s’effondrer de sommeil, ces mots susurrés à demi-mot, l’un pour l’autre, en chœur : Je t’aime…

Cette note chez Les Impromtus Littéraires

Posté par Cassandrali à 19:07 - Atelier d'Ecriture - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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